Passeport Vacances 2021

Après des jours et des jours d’une météo catastrophique, nous ayant obligé à changer nos plans à la dernière minute, c’est finalement la grotte à Chenuz, sur la commune de Montricher, qui nous accueillera pour ce premier passeport vacances 2021.

Ce matin du 17 juillet, ce sont 7 enfants qui sont présents au rendez-vous fixé, avec pique-nique et équipement. Une fois le matériel chargé, tout le monde prends place dans les véhicules, équipé de son masque (réglementation Covid oblige), et nous prenons la direction du pied du Jura.

Nous retrouvons Yves et Sandy directement à Montricher, formant ainsi avec Valéry, Cédric, Mathéis et moi-même, le groupe d’encadrant au complet. Départ route du Mont-Tendre, puis, bifurcation à droite en direction du Risel. 300m plus haut, nous arrivons au pied du chemin qui mène à la grotte.

Nous avons juste la place de parquer nos quatre véhicules à cet endroit et l’équipement peut commencer. Très bonne surprise cette année, personne ne semble avoir oublié de matériel ou d’affaires et tout le monde est prêt à commencer l’ascension après quelques minutes. L’accès de la grotte se situe à environ 300 mètres du parking, mais pas tout à fait à la même altitude… ça permettra de se chauffer les mollets en grimpant. Surtout les miens! Car ce n’est qu’arrivé sur place que je me rends compte que si j’ai bien pensé à tout le matériel à prendre pour tout le monde, j’ai juste oublié mon casque dans la voiture… donc aller-retour en vitesse jusqu’au parking !

Il est environ dix heures lorsque nous pénétrons dans la grotte, après quelques brèves explications sur la galerie artificielle que nous empruntons.

Au bout de ce corridor, une échelle nous permet d’accéder au début de la deuxième salle de cette cavité. Une fois tout le monde en bas, nous profitons de la proximité de certains plafonds, où des stalactites sont en cours de formation, pour expliquer aux aventuriers en herbe le principe de formation de ces concrétions, exemple à l’appui.

Nous quittons provisoirement cette salle pour passer dans la première, et nous retrouvés, après une petite montée un peu glissante, directement en-dessous de l’entrée naturelle de la grotte. A savoir un trou situé au plafond à 20 mètres en dessus de nos têtes. Le soleil à d’ailleurs la bonne idée à ce moment précis de nous envoyer un magnifique jet de lumière à travers cet orifice. Nous continuons à faire tout le tour de cette gigantesque salle, où après une petite partie relativement horizontale, la suite se passe tout en pente, sur un sol jonché de rochers, résultant de l’effondrement du plafond, il y a quelques dizaines voire quelques centaines de milliers d’années, à en juger par la calcification des roches. En faisant le tour de cette salle, tout le monde à la chance d’admirer puis de passer sous une énorme stalactite qui a rejoint le sol et qui, au vu de ses 5 mètres de haut, et si l’on se base sur une moyenne de 1cm par siècle, a commencé à orner cette grotte il y a près de 50.000 ans.. Toute l’équipe est émerveillée et comprends vraiment toute l’importance de préserver ces magnifiques trésors naturels.

Revenu en haut de cette partie, il est temps de découvrir un autre aspect de la spéléo, qui ne se résume pas uniquement à des salles de 50 mètres de haut. Entre les deux parties de la grotte, un petit couloir étroit descend sur une dizaine de mètres pour se terminer en cul de sac. Cela permet de tester ses capacités à s’engouffrer dans des passages étroits. La témérité de certains s’arrêtera d’ailleurs à l’entrée. Je reste au fond de ce trou pendant que ceux qu’ils le désirent descendent, deux à la fois, pour visiter ce goulet.

Nous revenons ensuite là où nous sommes entrés pour visiter la partie basse de cette salle. Entièrement gelée lors de ma visite du mois de mai (https://speleo-cheseaux.ch/grottes-a-chenuz/), toute la glace a fondu et le sol est nettement moins glissant. Nous choisissons le chemin de droite pour atteindre le coin le plus bas de la salle, donnant accès sur une étroiture prolongeant cette partie de quelques dizaines de mètres encore. Les accompagnants se placent le long de ce passage un peu délicat, afin d’aider les volontaires qui souhaitent découvrir ce passage pentu et étroit jusqu’au bout.

Comme le fond est assez vaste, tous les enfants peuvent descendre d’un coup, un par un pour admirer le fond de cette galerie.

Après quelques minutes, la facilité à se laisser glisser au fond fait place à la difficulté de devoir remonter par ce passage non seulement étroit et technique, mais relativement boueux et donc glissant. Preuve en est, une fois tout le monde ressorti, ou les couleurs variées des jeans et des vestes avant la descente ont fait place à une uniformité brunâtre et collante. Mais chacun a visiblement adoré ça et c’est l’essentiel.

Nous remontons par l’autre coté de la galerie et empruntons une 2ème échelle qui a été fixée afin de gravir un énorme rocher, et qui nous amène directement au pied de l’échelle de sortie. Nous profitons de cet endroit pour faire l’exercice du noir absolu. Ce qui fait toujours son petit effet, et permet de comprendre que l’éclairage est l’équipement le plus précieux du spéléologue.

Tout au long de la visite, nous nous sommes efforcés de répondre aux nombreuses questions posées, mais depuis quelques minutes, lorsque nous demandons nous-même si quelqu’un à une question ou une remarque, la réponse devient de plus en plus souvent la même…on a faim !

Il est donc grand temps de retrouver la lumière du jour pour un pique-nique amplement mérité.

Après ce repos et cette collation bien appréciés de tous, nous redescendons jusqu’au parking ou tout le monde pourra se changer et retrouver ses couleurs d’origine. Nous prenons ensuite la direction de notre local à Cheseaux pour une séance de nettoyage des casques et des gants. Eh oui, c’est aussi ça la spéléo, pas seulement du plaisir souterrain…

Pour la fin de la journée, nous séparons le petit groupe en deux. Réglementation Covid oblige, seulement 4 enfants maximum à la fois prennent place dans notre salle de visionnage ou ils découvrent sur grand écran un film réalisé lors du percement et de la découverte en 2004 de la grande grotte aux Fées de Vallorbe, longue aujourd’hui de plus de 32km.

L’autre équipe s’en donne à cœur joie dans le parcours du combattant situé dans notre grange. Après une demi-heure, les groupes se croisent, de sorte que chacun puisse bénéficier de toutes les activités de la journée.

Ceci nous ayant menés jusqu’à l’heure prévue, il est grand temps de rendre les enfants à leurs familles, afin que puisse commencer la toute dernière partie de l’activité…la lessive !

D’un avis unanime, tous ont beaucoup apprécié cette journée et c’est pour nous également une immense satisfaction et très grand plaisir d’avoir pu leur faire partager notre passion.

Je tiens à remercier vivement Yves, Valéry, Cédric et son fils Mathéis pour leur aide à l’intérieur de la grotte. Et un merci tout particulier à Sandy qui est restée les deux heures durant à l’extérieur pour veiller sur nos affaires.

Mes remerciements vont aussi au spéléo-club de Cheseaux (www.speleo-cheseaux) pour la mise à disposition du matériel nécessaire à ce genre d’activité et à la Société Suisse de Spéléologie qui nous offre la possibilité de souscrire l’assurance initiation pour tous les participants permettant ainsi de pratiquer cette sortie en parfaite quiétude. Un grand merci également à l’APVRL pour faire exister ce type d’activité.

Vivement le 2ème session du mois d’août.

O. Crausaz