Journée enrichissante aux Fées

Dans la galerie des Princes Charmés, le passage d’une voie d’eau qui est allée se précipiter dans la faille qui rejoint la petite grotte est visible en plusieurs endroits, les galets ayant été remués et bien lavés; la petite conduite forcée qui descend en direction de la Souricière, s’est mise en charge, il reste pas mal d’eau en son point bas… Heureusement, le bas fond, juste avant la Souricière s’est, quant à lui, bien vidé!

A la Salle du Miroir, deux ruisseaux se sont rejoints, un petit venant de la partie Sud et le principal débouchant de la partie Nord.

Dans les hauteurs, ainsi qu’au passage des Grands Rideaux, pas grand-chose à signaler, en effet, c’est un point élevé, peut-être que l’eau n’est pas montée jusque là.

Au-delà de la Salle des Intestins, on voit qu’une mise en charge s’est produite, le carrefour avec la Polaire est très boueux et humide, par contre, l’eau s’est déjà totalement retirée.

Le lac des Fruits Défendus a retrouvé son niveau normal, voire légèrement en-dessous, ce qui arrange bien nos affaires (!)

En amont du lac, nous retrouvons nettement le lit d’un cours d’eau fraîchement disparu. Souvent plus aucune trace du cheminement établi au long de ces dernières années.

Arrivé à la salle du Chaudron, surprise pour le Millepattes qui ouvre la marche: Le beau cairn placé par CAD sur le gros bloc de roche polie à carrément disparu, tous les galets sont retournés au sol, balayés par la crue!

( Le Millepattes s’est chargé d’en refaire un; pas forcément plus beau qu’avant, mais il s’agissait au moins de le rétablir, puisqu’il a fait son office d’indicateur d’événement particulier, tels que crue- secousse sismique etc. )

Par chance, plus loin, le Chaudron s’est déjà vidé en laissant de belles traces d’argile, preuve d’une vidange progressive et régulière, centimètre par centimètre.

Dans le Métro, nous retrouvons le lit de notre rivière; tout propre et remanié jusque à la salle du Chirocoptère, ou là, par miracle, le torrent à passé juste à côté des cairns en place!

La galerie du Jocker étincelle de propreté; les Fées ont bien fait le ménage, les bassins son limpides et toute traces de nos passages précédents sont effacées, la galerie a retrouvé sa virginité d’antan!

Parvenu au puits de l’Ours, le Millepattes a une nouvelle surprise! L’ un des deux kits qui contiennent chacun une bouteille de plongée se trouve accroché précairement à une aspérité de roche plusieurs mètres au-dessus de sa place d’ origine, soit à la hauteur du sommet de l’ échelle et deux mètres à droite de celle-ci !!  Personne n’ étant assez fada pour aller suspendre ce sac à un tel endroit, c’est donc bel et bien la crue qui l’a embarqué et c’est par miracle qu’ il s’est accroché à cette aspérité, lorsque le niveau de l’eau est redescendu!

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Preuve d’une montée des eaux impressionnante, un des sacs ayant quitté son emplacement d’origine!

Par chance, il n’est pas tombé au bas du puits une fois celui-ci vide; ce qui aurait pu engendrer de graves dégâts au niveau de la vanne de la bouteille, voire la briser net!

Afin de prévenir ce type de désagréments; les deux kits sont, dorénavant, attachés par leur bretelle, aux échelons.

Au bas de la Rampe Jeanne d’Arc, surprise : quasiment pas d’ eau en provenance de la rivière Blizzard. Nous ne l’avons encore jamais vue si anémique! Un effet de siphonnage suite à la crue, aurait-t-il vidé des lacs inconnus qui constituent ses réserves? Rien d’impossible; ce phénomène se produit en certaines circonstances, puis, les réserves se reconstituent tranquillement.

Parvenus au Pont de glaise, nous décidons de casser la croute, ou plutôt de faire notre petite popotte afin de manger quelque chose de chaud et revigorant avant de poursuivre en direction de la galerie des Fossiles.

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A dix mètres de là, le trou où nous avons trouvé les ossements d’ours des cavernes est toujours là. Cependant, un beau cône de sable frais en a rempli une bonne partie côté paroi!! Sans aucun doute, ce sable, et tous les fragments d’os qu’ il contient vient bien de la lucarne sus-jacente… Si il provenait de la galerie, il se serait étalé au fond du trou et non pas mis en « pain de sucre ».

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Nous fouillons une nouvelle fois, à l’aide des outils improvisés ou empruntés à Julie.

Une escalade vers cette lucarne permet de constater une résonance en amont, signe d’un certain volume à l’étage supérieur qui nous est encore interdit, faute d’ accès 🙁

Nous passons le Siphon des Extrêmistes et profitons d’ inspecter la galerie jusqu’au Siphon des Présidents, qui malheureusement nous barre toujours la route. Lors du retour, nous escaladons une petite cheminée hyper boueuse et super glissante, mais ne semblant pas être accessible au-delà de quelques mètres…( et déjà reconnue, puisque figurant sur la topo, NDLR! )

Par contre, dans le secteur du siphon M16, une petite lucarne insignifiante de 10cm. par 20 au-dessus d’ une berge d’ argile donne sur le bas d’un puits d’ environ un mètre de diamètre qui semble prometteur!  Pour l’instant, seul l’appareil photo a pu passer la fenêtre, mais l ‘image qu’il en a ramenée semble pleine de promesses; suspens-suspens!

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N’ ayant aucun outil de désob embarqué, ni matos topo, nous laissons cela pour une prochaine virée!

Pour clore notre escapade, nous décidons d’ aller faire un tour du côté des Chercheurs d’or, histoire de voir si nos tuyaux de vidange ont bien encaissé la crue!…

Parvenu au bout de la galerie Amphibie, nouvelle surprise ! A la place de rencontrer la rivière des chercheurs d’ Or, nous arrivons contre un tas de sable précédant un amoncellement de gros galets! Ces obstacles ont détourné la rivière sur une petite galerie parallèle à l’ Amphibie et qui la rejoint deux mètres en arrière… Mais ce n’ est pas tout!

Ou sont passés les tuyaux PVC???!!!

Seul le 75mm. vissé à la paroi avec une grosse bride en acier est encore en place, tous les autres ont disparu, les attaches en fils de cuivre brisées net!! 🙁

Interloqués; nous grimpons prestemment le seuil d’un mètre cinquante de la cascade à la recherche des « boas » partis en vadrouille!  Et là, surprise!

Tous les tubes se sont retournés contre l’amont avec leurs deux extrémités engagées dans le siphon!!  Et par chance, les attaches qui les relient ensembles sous l’ eau ont tenus bon, sans quoi, ils auraient tout bonnement été engloutis au-delà du siphon pour partir au diable vert!

Supposition: Au début de la crue, le torrent en furie à du déboucher de la galerie Amphibie, alimentée entre autre par la Blizzard; c’est cela qui a expédié tout le sable et les galets en direction du bas de la chute, jusqu’à faire un beau tas! La rivière des Chercheurs d’ or, elle, n’ était pas encore en crue, elle a donc servi un moment d’ exutoire à cette furie qui a emporté tous les tuyaux qu’ elle a pu en direction de l’ Amont qui a goulûment avalé ce surplus d’eau jusqu’à plus soif! Une fois l’amont du siphon également en charge, le courant c’est calmé, puis équilibré totalement pendant que la Jocker évacuait le surplus, puis, la pluie ayant cessé; la perte de l’ Amphibie à fait son travail, évacuant toute cette eau à son rythme, ce qui était, bien sûr insuffisant pour ramener nos tuyaux dans le sens normal qu’ ils occupaient précédemment!

Il n’ y a pas d’ autre explication logique à ces divers événements; c’ est un phénomène de reflux, pas si rare que cela, puisque assez courant dans plusieurs cavités et entonnoirs de la vallée de Joux…

Cela nous amène au moins un fait positif: Il doit exister de grosses conduites exondées, au-delà de ces siphons, pour être capables d’ absorber de tels reflux… Nous ne sommes pas au bout de nos surprises et de nos découvertes, loin s’ en faut!

L’heure avançant, nous démarrons sur le chemin du retour, l’esprit chamboulé par les découvertes de la journée. Nous ne sommes pas au bout de nos découvertes, même pour un secteur qui nous semblait parfaitement maîtrisé !

Pour terminer, voici quelques photos de la récolte d’ossements :

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