Minage Chirocoptère

Cette fois c’est sérieux! L’hiver attaque!  Plus moyen de parquer au-dessus des grottes; le repli stratégique se fait au parc des grottes de l’Orbe ou le Millepattes a eu la chance d’ y rencontrer un chauffeur de chasse-neige communal qui oeuvrait pour Romande énergie et qui a été bien aimable de nous dégager la moitié du parking rien que pour nous! 🙂

joomplu:1133

La suite se fera avec les incontournables raquettes; tant la couche de neige est épaisse et évidemment, plus on monte plus il y en a! La montée se fait dans un décor féerique pour parvenir au porche déjà un peu essouflés…

joomplu:1137
joomplu:1134
joomplu:1135

Il fait un peu plus chaud une fois la porte franchie et le périple peut commencer… Avec l’abondante couche de neige en surface; les lacs ont pu poursuivre leur décrue et ainsi, nous faciliter le passage. Vu les kits gonflés à blocs de matériel en vue des travaux à effectuer; ce n’est pas dommage!

Une fois parvenus à la salle du Chirocoptère; une petite pause précède une inspection minutieuse de la grande trémie à la recherche du courant d’air prometteur. Des bâtons d’encens ( Merci Marc 😉 sont même employés pour guetter la moindre aspiration parmi les blocs…

joomplu:1138

Au final; décision est prise de s’attaquer à une petite lucarne qui se présente quelques mètres au-dessus du départ de la galerie Joker, mais dans le même axe. Les plus sveltes y feront une première visite; puis Pierre passera à son tour l’étroite lucarne et décidera de s’attaquer à la suite qui se présente au-dessus.

Dès lors, les perfos vont parler! Le 36 volts dans les mains du chef mineur pour faire les forages du minage et le 18 volts pour agrandir le goulet d’accès afin de faciliter les vas et viens avec la tête d’avancement.

La roche que nous attaquons en bas est hyper dur! Il s’agit de percer à 16 mm. afin d’y introduire l’éclateur mécanique à Seb… Au bout de 150mm de perçage; fin du 1er accu! De plus, impossible d’introduire les deux gouges de l’éclateur qui, en fait doit faire dans les 18mm.!  Nous voilà bien avancés! C’est donc la massette et le burin qui vont prendre la relève! Le 2ème accu sera ménagé en faisant juste des brèves attaques afin de créer des prises pour le ciseau!

Pendant ce temps, le front avance; le 1er tir est prêt est tout le monde se recule dans la salle en attendant le coup sourd et caractéristique de la détonation qui va nous faire progresser en transformant les blocs récalcitrants en tout-venant!

Comme on progresse en hauteur, le déblayage n’est pas trop pénible, suffit juste de se syncroniser afin de ne pas se prendre les blocs sur les mains ou sur le casque!

Ensuite, rebelote pour un magnifique 2ème tir, 5 détos-10 charges! Là; on a bien senti l’onde du blast passer sous nos fesses! Cool, le plafond semble solide! 😉

Comme nous sommes nombreux, Marc et le Millepattes profitent d’un tournus pour aller faire une inspection du « Shunt des deux mytos » qui se trouve dans l’axe ou nous creusons dans l’ébouli… Là-bas une jolie cheminée phréatique grimpe en hauteur, vestige d’une époque ou l’eau se frayait un passage remontant pour contourner la galerie principale qui devait être obstruée à ce moment-là ( Obstruction post-glaciaire? Bien malin celui qui pourra dater avec précisions ces évènements)

Plus tard, nos trois jeunes recrues retourneront dans ce shunt et constaterons une nette odeur de poudre, tout en entendant clairement le bruit des perfos et des coups de burin! Mauvais présage…

En effet, vu la direction de la désob qui va droit dans l’axe du Joker; il se pourrait bien que cette faille remplie d’éboulis rejoigne exactement l’autre extrémité qui termine la partie aval du shunt! La direction du courant d’air le confirme, si bien que Pierre, après un 3ème tir de nettoyage, décide de s’en tenir là pour aujourd’hui… En effet, les heures passent et si tout ce travail consiste à prolonger le dit shunt jusqu’ à la salle du Chiro; ben ce n’est plus la peine de s’éreinter!

Il semble, par ailleurs, que le courant d’air ne tire pas contre le haut; ce qui signifierait que la galerie supérieur qui a existé; l’amoncellement de gravats et de galets de rivière parmi l’ébouli le confirme, il est donc bien probable que la galerie en question soit entièrement obtruée par les sédiments, soit un conglomérat de blocs, galets et ciment d’argile, comme nous l’avons déjà constaté dans nombres d’autre galeries des Fées qui buttent subitement contre un bouchon intégral ou même les plus fortes crues n’ont plus aucune prise!

Bref, la décéption est grande, équivalant à la fatigue des membres de l’équipe qui se sont donnés à fond dans cet espoir de jonctionner avec quelque chose de neuf là au-dessus!

On ne fait pas mouche à tous les coups et ma foi, c’est la loi du métier d’explorateur… Une fois cela paye, une fois on est « mayaule » 🙁

Bah, il faudra refaire une chasse aux courant d’air, peut-être en été, ou avec l’inversion du courant, on sentira peut-être quelque chose au travers des blocs, ou alors, chercher ailleurs… On à l’habitude!

Pour occuper les temps morts, nos « sherpas » ont patiemment construit une magnifique citadelle de galets avec muraille d’enceinte et porte monumentale!  Malheureusement; cette belle décoration sera bien éphémère puisque bâtie à même le lit de la rivière qui passe là au milieu dans les périodes de crues… Et, comme après un temps il en vient un autre; une telle masse de neige en surface sera une épée de Damoclès dès que le printemps s’annoncera!

joomplu:1140

Nous replions donc tout le campement, bourrons les kits et go direction la sortie… La nuit est déjà bien installée lorsque nous retrouvons l’air frais du dehors est, de plus, il s’est remis à neiger! Heureusement que, dès lors, il ne reste plus que de la descente!

Après changement de tenue et déneigeage des voitures, plus qu’à aller se consoler devant une bonne table à Vallorbe; cela remonte toujours le moral des troupes et quel plaisir de manger quand ont à vraiment faim! 😉

Le Millepattes.